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1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique. 1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé. Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable. « Une plongée terrifiante dans l’esprit d’un serial killer, une lecture dont vous ne sortirez pas intact.» (Bernard Minier)

Une quatrième de couverture plus qu’engageante ! Alors oui je me suis laissé tenter …

Pour avoir déjà lu  » Une forêt obscure  » du même auteur, j’ai là retrouvé sa plume et sa façon de faire. Il nous fait alterner entre passé et présent, avec des chapitres courts et entraînants.

On assiste , avec les chapitres au passé , à la naissance et l’évolution du Cannibale de Cleveland :  » Blake « . Tout aurait commencé dans le ventre de sa mère, puis sa vie d’adulte, qui n’est que bain de sang.

En parallèle, sur les chapitres au présent, on rencontre Victoria et Freddy, deux flics au lourd passé, qui sont mis sur une enquête difficile : lors de la destruction d’une maison, des barils sont retrouvés sous terre. Dans ces barils, ils découvrent des morceaux de corps . Oui oui , des morceaux de corps ! Et beaucoup de barils… Toutes les victimes ont à peu près le même âge, ce sont des hommes, et les corps sont là depuis très longtemps…

Au fur et à mesure de l’enquête, les liens vont se faire entre le cannibale et l’enquête. C’était évident que tout se rejoignait ! Mais vous n’imaginez pas à quel point.

On est aussi en parallèle avec Patrick, un écrivain, qui interroge un vieux monsieur , en fin de vie, pour en apprendre plus sur le  » diable  » qu’il dit avoir rencontrer…

 

Comme pour une forêt obscure, j’avoue avoir eu du mal à m’attacher aux personnages. L’auteur ne les rend pas très attachants, il leur donne toujours un caractère de cochon et un passé lourd. De plus, Freddy Lawrence, le flic , dégage une odeur vraiment nauséabonde ( on l’imagine clairement, tellement la description de l’odeur est bonne ), ce qui ne nous donne pas réellement envie de nous y attacher non plus … Néanmoins, pour l’auteur, chaque détail compte. C’est sûrement cela aussi qui ralentit le rythme sur la première moitié du livre. Il nous donne des détails sur chaque investigateur, on se les représente assez bien et on avance…tout doucement…

Mais le fait de ne pas réellement voir où il voulait nous emmener,  m’a un peu ralenti dans l’envie de le lire. Les passages qui parlent des atrocités faites par Blake sont décrites, et dégueulasses, ça c’est indéniable. Il s’est clairement inspiré d’un tueur en série qui a sévi aux USA avec le même mode opératoire : Jeffrey Dahmer. C’est une biographie sans en être une, car il impute le style et le mode opératoire de Jeffrey à son personnage de Blake ( Jeffrey n’est pas un petit joueur, il a tout de même tué 17 jeunes hommes , pour la plupart afro-américains entre 1987 et 1991 ). Et ce n’était pas marqué sur son visage , il est plutôt du genre commun :

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Fabio Mitchelli ( l’auteur ) confirme dès le début s’être inspiré d’un cannibale ayant réellement existé et que ce livre serait un mélange de faits réels et de fiction. Vu le côté complètement dégoûtant de certaines scènes, j’ai cru que l’auteur en avait rajouté. A la fin de ma lecture, j’ai donc entrepris ( et oui très curieuse de nature ) de faire quelques recherches. Et non, l’auteur n’en rajoute pas … Il décrit précisément certaines scènes où Blake attire de jeunes hommes chez lui contre monnaie pour des photos nues. S’ensuivent des rapports sexuels , un étranglement, souvent juste suffisant pour que la victime tombe dans les vappes mais ne meurt pas. Puis des jeux sexuels, des photos de poses complètement indécentes … il fini par le tuer en l’étranglant, puis il le charcute, prend un plaisir sexuel nécrophile , il veut le dominer complètement, le thorax ouvert et les viscères sorties… puis il en mange un bout, le coupe en morceau, garde la tête en trophée…

Bref, l’auteur n’y a pas été par quatre chemins pour la description de certaines scènes, les mots crus employés sans équivoque. Et j’avoue avoir aimé ce côté cru, franc … on se rend réellement compte de la pire des folies humaines. Certaines victimes sont moins détaillées mais globalement on s’en prend plein le cerveau de choses toutes aussi écoeurantes les unes que les autres.  Je vous laisse libre de chercher par vous même le passé de Jeffrey Dahmer sur Google, vous aurez une bonne idée de tout ce qui peut être décrit dans ce thriller… Vous pouvez aussi vous rapprocher de certains ouvrages de Stephane Bourgoin, qui a rencontré énormément de tueurs en série aux USA et qui en a fait d’extraordinaires ouvrages.

Voici une vidéo justement de Stéphane parlant de Jeffrey :

Mon avis :

C’est un bon livre pour ce qui est de l’écriture, des descriptions et du côté gore du tueur en série. J’ai été un peu déçue par la lenteur du début , mais encore une fois, c’est à la fin que tout explose, que tout se réunit pour en faire un final du tonnerre. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, à m’attacher aux personnages , qui sont quand même très spéciaux et loin d’être ordinaires.

J’ai été heureuse de continuer, de persister, et d’arriver à la fin, qui vaut le détour, tout se rassemble, tout se comprend. C’est à mon avis un très bon livre, qui vaut le détour. l’histoire du tueur, le fait que ce soit pour la plupart des faits réels m’a beaucoup plu. On se demande où est réellement la frontière entre le réel et la fiction , mais Fabio ne donne pas du gore juste pour le plaisir. C’est essentiel pour comprendre les méandres de la folie humaine, la folie à l’état pur qui peut ressortir chez n’importe qui, peu importe avec quelle force elle est exprimée. On peut se demander clairement si les tueurs sont prédestinés à être ainsi, si déjà dans le ventre de leur mère ils seront voués à être méchants, cruels et détestables. Savoir si nous pourrions avoir de la compassion pour le diable si nous le connaissions…ou sans tout connaitre de lui..

Je vous met en lien la chronique de Gérard Collard sur  » La compassion du diable  » :

 

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