Synopsis :

la pieuvreLisa Heslin est officier de policier judiciaire dans un commissariat parisien. Elle est aussi la fille d’un juge d’instruction célèbre, assassiné au début des années quatre-vingt-dix. Lorsqu’elle apprend que sa mère, avec laquelle elle n’a plus aucune relation depuis bien longtemps, est à l’agonie, elle met de côté sa rancoeur, saute dans un avion pour Nice et rejoint la clinique. Au même moment à Paris, ses collègues sont appelés sur le lieu d’un meurtre crapuleux : un modeste coursier parisien a été retrouvé exécuté de deux balles dans la tête. Arrive pourtant une information qui change tout : l’arme de ce crime est la même qui a servi à tuer le Juge Heslin en 1992. Pour l’équipe du capitaine Daniel Magne, supérieur et amant discret de Lisa, c’est une enquête impossible qui commence, où tous les contacts sont aussi des pièges.

Mon avis :

« La pieuvre » est la suite directe de « l’enfant aux yeux d’émeraude » ( ma chronique ici ) , au niveau de l’évolution des personnages principaux, Daniel Magne et Lisa Heslin, deux flics parisiens. Sauf que là, on change radicalement d’enquête, et j’aurais envie de dire de style aussi. Dans « L’enfant aux yeux d’émeraude », ils courent après un présumé tueur en série , c’est une enquête simple, avec un retournement de situation et surtout beaucoup d’action sans temps mort. Ici, on se retrouve donc dans une enquête plus complexe, où le personnage de Lisa est pris entre son passé et son présent.

L’alternance des personnages mais aussi le décalage temporel à chaque chapitre rend l’histoire plus intéressante mais aussi plus complexe. On suit Lisa d’un côté, qui se rend au chevet de sa mère souffrante. Elle apprendra des choses sur son passé et découvrira des éléments cachés par son père depuis plus de 20 ans. D’un autre côté, on reste avec Daniel Magne et son équipe d’enquêteurs, qui cherchent à savoir pourquoi un flingue qui a servi uniquement à tuer le père de Lisa deux décennies auparavant, et dont personne n’avait jamais retrouvé la trace, refait surface dans des enquêtes actuelles, et est utilisé sur les lieux du crime. Ils vont remonter la trace des meurtres et découvrir toute une organisation cachée qui est plus infiltrée que ce qu’ils auraient pu imaginer…

Je dois dire que j’ai eu plus de mal à lire celui là que le précédent, pour la bonne raison qu’on doit rester concentré sur notre lecture, car on parle d’enquêtes présentes et passées, mais aussi que ces enquêtes de Lisa et Daniel sont en décalé de plusieurs jours. Il vaut donc mieux rester très attentifs à l’histoire que nous met Jacques Saussey entre les mains, au risque de perdre le fil. Mais quelle histoire !!! On se retrouve quand même pris au piège dans un sac de nœud, autant que les personnages, et on a l’impression, comme eux, qu’on ne réussira jamais à comprendre le pourquoi du comment. Et c’est là que toute la subtilité du livre fait son effet , car la fin nous permet de tout comprendre, de dénouer tout ce qui s’est dit avant, de voir que ce qui était sous-entendu pour nous faire croire des choses, n’était encore qu’une prouesse de l’auteur pour nous faire partir sur de fausses pistes.

Le duo de flic nous montre son vrai caractère, chacun au tempérament de feu, certain d’avoir raison et d’être juste, refusant de plier le genou devant l’autre. On souffre pour  l’équipe aussi, ils subissent des pertes, des meurtres effroyables mêlées à l’enquête ne laissent pas le lecteur indifférent. La cruauté de « La pieuvre » ne fait aucun doute et le lecteur se fait balader, impuissant, par des personnages mauvais et calculateurs.

Bien que le rythme était plus lent et l’histoire plus complexe que dans son précédent opus mettant en scène Daniel Magne et Lisa Heslin, Jacques Saussey nous livre ici une enquête qui ne peut pas laisser indifférent, quant au questionnement du l’implication réelle d’une organisation telle que celle de « La pieuvre » au sein de notre gouvernement, la cruauté et la violence étant leur credo. J’ai apprécié ce livre, même si je n’ai pas pris une claque , l’enquête était bien tournée, bien réfléchie, bien fondée et bien amenée. Les sous-entendus nous laissent partir dans un sens de réflexion qui n’est disculpé qu’à la fin. Une fin d’ailleurs qui nous laisse avec quelques questions sans réponses, même si cela n’empêche en rien la bonne compréhension de l’histoire.

Bref un livre que je conseille aux lecteurs qui aiment le duo de flic Magne/Heslin, mais qui aiment aussi, comme moi, lorsque l’enquête policière est mise en avant dans un roman ; les flics sont actifs et j’aime ça ! L’histoire est recherchée et bien écrite, c’est un bon livre à lire !

la pieuvre

 

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