Synopsis :

la veuveMari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

Je n’ai pas pu m’empêcher de mettre en parallèle « La veuve » de Fiona Barton et « Cet été-là » de Lee Martin. Ce sont globalement les mêmes histoires. Une petite fille disparaît. À chaque chapitre, on change de personnage, et de moment dans l’histoire. On accuse un homme, mais est-ce lui ? Il n’empêche qu’ils sont réellement différents aussi. Si vous aimez ce genre d’histoire, vous aimerez les deux . J’ai aimé les deux, mais avec une nette préférence pour « La veuve » quand même …. Pourquoi ? Déjà par rapport au style de l’écriture, aux personnage, au flic qui enquête, et à l’aboutissement de l’histoire.

Un peu d’histoire…

Alors « La veuve » c’est quoi ? C’est l’histoire de Jane, veuve de Glen, qui a été le présumé kidnappeur d’une petite fille d’à peine deux ans. Ils ont vécu un enfer, harcelés par la police et les journalistes. Et puis un jour, Glen est mort. Percuté par un bus. Et c’est là que tout démarre réellement… La veuve va sûrement vouloir se confier, donner sa propre version de l’histoire, comment elle a perçu tous ces moments passés à soutenir son époux, alors qu’on les enfonçait plus bas que terre et qu’on les roulait dans la boue.

Mais « La veuve », ce n’est pas que ça. C’est aussi une enquête. L’enquête de la disparition d’une magnifique petite fille de 2 ans, Bella, que l’enquêteur principal, Bob Sparkes, va tout faire pour retrouver…

Un style particulier et percutant…

J’aime ces livres où, comme ici, on change de point de vue à chaque chapitre. On alterne entre Jane ( la veuve ), Kate ( la journaliste ), Bob ( le flic ), des fois Dawn ( la mère de la petite fille enlevée ). Les chapitres se succèdent aussi dans une alternance d’instants temporels ; on est successivement dans le présent avec Jane et Kate, pour la fameuse interview, et dans le passé avec Bob qui enquête sur la disparition de Bella. C’est très agréable car le rythme est là, fluide et persistant, nous donnant encore plus envie, à chaque page, de savoir ce qui s’est vraiment passé dans cette histoire.

Le flic qui croit, dur comme fer, qu’il connaît le coupable et fait tout pour le prouver. L’accusé qui maintient qu’il est innocent, malgré tout ce qui est dit sur lui.

Des thèmes abordés qui ne laissent pas indifférent …

Comment rester de marbre devant un livre qui aborde à la fois la cyber-sexualité, les kidnappings et la pédopornographie ? On ne peut qu’être touchés par cette mère à qui on a volé son bébé, et qui fera tout pour le retrouver…

On est forcément éprouvés par toute la pédopornographie qui circule sur internet et dont les méfaits sont nécessairement néfastes et rageants. L’auteur nous en parle ici, d’une façon qui ne peut que faire comprendre au lecteur à quel point cette pratique est vraiment écœurante, vulgaire et affreuse. On est clairement autour de ce thème pendant une bonne partie du livre, et j’avoue que la sensibilité des flics était très importante. Fiona Barton a réussi à aborder ce thème sans se noyer sous l’effroyable quantité de descriptions et d’actes ignobles, qu’elle aurait pu facilement incorporer à l’histoire, mais qui n’auraient eu aucun sens, à part celui de blesser le lecteur. C’est un choix judicieux car, en temps que maman, je ne suis pas sûre que j’aurais supporté ce type de lecture.

Une lecture agréable et envoûtante

L’alternance des personnages et du moment dans l’histoire à chaque changement de chapitre, on ne va pas se le cacher, est un réel avantage. On garde un rythme, balancés entre l’interview ( présent ) et l’enquête ( passé ). Et c’est vraiment le genre de lecture que j’aime. Je ne me suis pas ennuyée un instant, en train de peser le pour et le contre des accusations balancées par les policiers et l’insistance de Glen, le kidnappeur présumé, à continuer à proclamer son innocence. Qui croire ? Pourquoi tant d’acharnement sur un homme , alors que d’autres pourraient aussi être coupable ? Et que va nous apprendre la veuve ?

J’ai aimé que l’auteur se soit adapté au changement de personnage, tout en gardant son style et sa plume. On est tantôt entre une veuve éplorée, molle, fatiguée par toute cette affaire, et tantôt avec un flic sûr de lui, qui n’hésite pas à montrer sa ténacité, face à l’enlèvement de Bella, et voulant absolument retrouver le coupable et l’enfant.

Lorsque le passé et le présent se rejoignent sur une dernière ligne droite , on sent que la fin approche, que toutes les pistes exploitées vont enfin être mises à nues, et c’est là qu’on attend l’auteur : dans cette fin, savoir si le livre va nous mener quelque part, si tout ce qui a été dit, tant sur les aveux que sur les découvertes de l’enquête nous mèneront à une fin qui en vaille la peine… Et oui ! Je peux vous le dire, elle en vaut la peine. On a le temps pendant la lecture de se faire nos propres idées, nos propres opinions sur chaque personnage, sur chaque étape et sur chaque action. Mais on a besoin d’aller au bout pour savoir ce qui s’est vraiment passé. La fin dit tout , met tout au clair. On sait enfin !

J’ai clairement été séduite tant par l’histoire racontée, que par les personnages intéressants et bien travaillés. C’était un très bon moment de lecture, que j’ai profondément apprécié, et que je n’hésite pas à conseiller à tous ceux qui ne l’ont pas lu et qui aiment ce genre de livre, à ranger plutôt dans le thriller psychologique, sans forcément d’action réelle mais avec une pression et une oppression constante, tournant continuellement au fait de savoir si oui ou non, la petite fille sera retrouvée et si elle sera vivante. On ressent une sorte de libération lorsqu’on tourne la dernière page. L’oppression que l’on ressentait pendant la lecture s’efface et nous laisse savourer pleinement les 400 pages de ce roman franchement atypique.

la veuve

 

 

 

 

 

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