Paru le 14 mars 2013 – HC éditions

Synopsis :

Retour-a-Whitechapel (1)Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire, comme l’histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack L’Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.
À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée, poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité
de Jack L’Éventreur. Grâce aux archives d’une pittoresque société savante de « riperristes’, en confrontant témoins et survivants, elle va reconstruire
dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante « carrière » de l’Éventreur.

Mon avis :

Un roman bien construit autour d’un des plus grands mystères de notre histoire. Qui est Jack L’éventreur, le tristement célèbre tueur en série de Londres à la fin du XIXème siècle ? Bien que, proposant une réponse à cette question, l’auteur mise surtout sur une descente abyssale dans le Londres de cette époque, dans toute cette galère des ouvriers et des prostituées.

L’histoire est bien pensée

1941. Amélia Pritlowe est infirmière au London Hospital alors que les nazis bombardent Londres. Son père, au moment de son décès, lui lègue une lettre où il lui explique que sa mère, décédée lorsqu’ Amélia était toute petite, était en fait Marie Jane Kelly, la dernière victime de Jack L’éventreur.

Amélia part donc à la recherche de son passé mais espère aussi découvrir la véritable identité du célèbre tueur de Whitechapel, un quartier de Londres où se mêlaient ouvriers en perdition et prostituées très pauvres.

Un personnage féminin au centre de l’enquête

L’auteur a fait le choix de créer un personnage féminin sûre d’elle et au caractère fort, qui aura les épaules pour supporter la lourde charge de la recherche du fameux éventreur de Londres. Et le fait de lui donner un passé lourd de sens, car elle est l’unique enfant de la dernière victime de Jack, lui donne aussi une certaine légitimité dans la recherche de ce coupable introuvable et dans l’exactitude du déroulement des faits en 1888.

De plus, c’est une infirmière, qui subit l’horreur de la guerre au plus près des blessés, suite aux bombardements nazis sur la capitale anglaise. Elle a donc un mental d’acier pour supporter ce que la guerre peut faire de pire.

Elle réussira à intégrer un club de « ripperologues », qui l’aideront sans savoir ce qu’elle leur cache, à trouver des réponses à ses nombreuses questions.

Le mythe de Jack L’Éventreur :

Jack l’Éventreur (en anglais Jack the Ripper) est le surnom donné à un tueur en série ayant sévi dans le district londonien de Whitechapel en 1888. L’affaire à laquelle le personnage est lié, depuis l’époque de son déroulement jusqu’à aujourd’hui, a donné lieu à de nombreuses hypothèses et inspiré bon nombre d’œuvres en tout genre, lui conférant un statut de mythe moderne.

Le nom du tueur, dont l’identité est toujours inconnue, apparut pour la première fois dans la lettre  » Dear Boss », reçue en septembre 1888 par une agence de presse. Elle fut largement mentionnée dans les journaux de l’époque parce que son auteur s’y accusait des meurtres et signait « Jack the Ripper ». La police et les journaux reçurent de nombreuses lettres liées à l’affaire. La couverture médiatique de l’affaire finit par être internationale, lui assurant une notoriété durable.

Voici la lettre  » Dear Boss  » envoyée par Jack L’Éventreur :

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Et sa traduction :

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Autant dire que Jack l’Éventreur allait encore faire parler de lui…

En septembre et octobre 1888, des rumeurs plus persistantes laissèrent croire que plusieurs assassinats étaient reliés ; cependant, seuls cinq sont imputables à Jack l’Éventreur : ceux de Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Élizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Parce que ces meurtres présentent plusieurs similitudes, ils sont qualifiés de « canoniques ». Le tueur aurait surtout agressé des prostituées vivant dans les bas-fonds de Londres. Elles eurent la gorge tranchée avant de subir des mutilations abdominales. L’extirpation d’organes internes d’au moins trois victimes a conduit à l’hypothèse que le meurtrier maîtrisait des notions d’anatomie ou de chirurgie. Cette hypothèse sembla confirmée lorsqu’un membre du Whitechapel Vigilance Committee (« Comité des vigiles de Whitechapel ») reçut, en octobre 1888, la lettre « From Hell » accompagnée de la moitié d’un rein ayant peut-être appartenu à l’une des victimes.

Lettre  » From Hell » :

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Voici la traduction :

De l’enfer
M. Lusk
Monsieur
Je vous ai envoyé la moitié du
rein que j’ai pris d’une femme
conservé pour vous l’autre partie
je l’ai frite puis mangée ; c’était très bon. Je
pourrai vous envoyer le couteau ensanglanté qui
l’a pris si seulement vous attendez un peu plus
longtemps.

signé
Attrapez-moi quand
vous pourrez
Monsieur Lusk.

 

D’autres meurtres peuvent être mis également sur le dos de Jack l’Éventreur, mais ils correspondaient beaucoup moins à son mode opératoire. Beaucoup soupçonnent également le fait qu’il y ait plusieurs meurtriers différents, sans qu’ils se soient forcément concertés avant.

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Puis les meurtres se sont arrêtés, sans que l’on sache réellement qui était Jack l’Éventreur. Beaucoup d’hypothèses ont été posées, sans qu’elles soient réellement vérifiables. Des auteurs ont fait beaucoup de recherches , afin d’écrire des romans fiables et bien construits autour de ce mythe. Comme Patricia Cornwell , par exemple, qui prétend classer l’affaire …

 

Un rythme entraînant et une intrigue bien ficelée

Il est clair que l’alternance entre le passé ( 1888 ) et le présent ( 1941 ) donne un rythme soutenu et entraînant. Dans le présent, on suit donc Amélia sur les traces de l’éventreur et aussi et surtout sur le déroulement des faits avant et pendant les meurtres. Elle rencontre de nombreuses personnes, avance grâce à ses amis, s’absorbe dans toute l’horreur des meurtres que Jack a commis.

Lors des passages au passé, ceux que je préfère d’ailleurs, on se retrouve avec beaucoup de protagonistes. On se rend compte du travail abattu par l’auteur pour construire son livre autour de faits réels, certes très probablement entourés d’une part de fiction, mais je pense qu’il s’est basé sur ce qu’il s’est vraiment passé en 1888, et que le présent est en fait la partie fiction de son roman. On est donc en alternance entre le juge qui cherche à connaître tous les faits, mais aussi avec les témoins. Une place importante est donnée au meurtre de Marie Jane Kelly, la dernière victime, car c’est aussi la plus horrible, une sorte d’apothéose de la série que Jack a commis en 1888. De nombreux chapitres sont aussi écrits du point de vue des prostituées tuées, mais également de leurs amies et enfin on se retrouve quelques fois dans la tête du tueur. C’est très intéressant, car chaque chapitre nous donne un point de vue différent des faits, et les émotions sont alors aux antipodes les unes des autres.

L’intrigue est bien ficelée. L’auteur s’est appuyé sur la réalité des faits pour amener à une conclusion que fait le personnage principal, et sur ce qu’elle décide d’en faire. Je dois dire que la fin m’a laissé plutôt étonnée, je ne pensais pas qu’ Amélia ferait ce genre de choses, et je dois dire que j’ai balancé à ce moment-là entre la déception que la fin soit si rapidement bouclée, mais aussi entre le côté jouissif de ce qu’il venait de se passer.

J’ai appris par la suite qu’une suite de ce livre était sortie, et je me la suis procurée. Je suis donc enjouée à l’idée de me replonger dans l’histoire de Jack avec le personnage d’Amélia.

En bref …

Je recommande chaudement ce livre, qui est pour moi un très bon roman pour les amateurs d’histoire et de Jack l’éventreur, mais aussi pour ceux qui aiment cette plongée dans le côté historique des affaires et des romans. J’ai beaucoup aimé les passages en 1888, où on ressent encore une fois la vraie démarche qu’a fait l’auteur pour nous parler de faits réels dans une ambiance extrêmement fidèle à l’époque où elle se déroule.

Une très bonne lecture, qui m’a clairement donné envie d’en savoir plus, toujours plus…

J’en parle en vidéo dans mon bilan lecture du mois d’Avril :

retour à whitechapel

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