Paru le 11 janvier 2017 – Éditions Toucan Noir – 487 pages

Synopsis :

51pXwmxQ+NL« Le train roulait de plus en plus vite. Il passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d’un chenal agité par le vent. Les yeux écarquillés de Karine s’abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s’accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l’oreille. Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement. Et puis le monde s’éteignit dans un grand éclair blanc. »
Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du Capitaine Daniel Magne et du Lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse…

Mon avis :

Ah lala !! Ça faisait très longtemps que je n’avais pas été autant remuée par un livre policier. J’ai découvert Lisa et Daniel, les deux flics récurrents des livres de Jacques Saussey, dans « L’enfant aux yeux d’émeraude », et je les adore. Mais ce qu’il leur fait vivre dans « Ne prononcez jamais leurs noms », c’est indescriptible ! Lisa et Daniel morflent littéralement et devront encore passer à travers toutes les épreuves qui les attendent.

L’histoire

Tout commence à Hendaye, petite ville au pied des Pyrénées, au pays basque, où un train qui vient de sortir de la gare explose. Les dégâts sont énormes, il y a de nombreux morts et beaucoup de blessés. Le capitaine Daniel Magne, présent pas très loin des lieux de l’accident, disparaît pendant qu’il pourchasse un homme au comportement étrange.

L’enquête va emmener les nouveaux collègues de Daniel, et aussi les anciens, dans une course contre-la-montre pour tenter d’arrêter le terroriste avant qu’il ne fasse plus de dégâts, le tout en espérant retrouver le capitaine vivant…

Les personnages

Daniel magne, capitaine de police, est un flic au caractère bien trempé, qui n’a pas froid aux yeux devant le danger et qui n’hésite pas à risquer sa propre vie si cela peut permettre l’arrestation d’un criminel.

Lisa Heslin, sa compagne, flic dans l’équipe de Daniel, a pris ses distances suite à l’affaire dans « La pieuvre » ( ma chronique ici ) et est partie vivre dans son chalet en Suisse, loin de tout et de tout le monde. Le choc de la disparition de Daniel la poussera à revenir sur le terrain et à prendre part à l’enquête avec une détermination exceptionnelle.

Henri et Denis, deux autres flics qui accompagneront Lisa dans ses recherches, auront eux aussi une bonne place dans l’histoire. Ce quatuor de flics est un excellent choix de l’auteur. Chacun a son caractère et sa vision des choses, mais la relation qui les unit est vraiment très forte. Ils se font confiance et cherchent à tout prix à retrouver Daniel.

Le criminel, quant à lui, est clairement un psychopathe de la pire espèce. Un passé lourd, de sales histoires, difficile pour lui de ne pas sombrer dans la folie. On peut voir pendant les passages qui lui sont consacrés, à quel point son délire peut l’emmener loin. Il n’a peur de rien et n’hésite pas à tuer de sang froid. Sa violence est sans limite et ne peut amener que mort et destruction.

Une mise en abysse infernale

Les chapitres courts, finissant souvent sur un suspense intenable qui nous pousse à continuer notre lecture pour espérer sortir de toute cette tension et cette oppression, donne un rythme rapide et addictif à l’histoire et aux événements. L’alternance des points de vue à chaque chapitre est un réel atour pour le livre et nous permet de plonger encore plus profondément dans cet enfer.

On est régulièrement avec Lisa, Henri et Denis, qui font tout ce qui est possible pour tenter de retrouver Daniel. Mais on est aussi souvent avec Daniel, dans toute cette horreur qu’il n’a pas le choix de subir, en espérant qu’il survive jusqu’à ce que ses collègues réussissent à le retrouver. Et enfin, on découvre aussi l’histoire du terroriste, son passé chargé et sordide, ses histoires qui ont fait ce qu’il est aujourd’hui avec toute cette haine qu’il se sent le besoin de décharger en faisant le plus de dégâts possible.

Un livre coup-de-poing

« Ne prononcez jamais leurs noms » est clairement un livre qui marque, dans lequel on a une sensation de stress tout le long. Les passages coup-de-poing pleuvent et nous laissent sur place tels des boxeurs mis K.O par toute cette tension. On se prend des uppercut en pleine face et on en redemande. On enchaîne les pages sans les voir passer, priant pour que ces personnages qu’on aime tant, finissent par s’en sortir indemnes, espérant que ce terroriste soit arrêté avant que sa fureur ne se déchaîne.

Toute cette histoire est effrayante, tant par sa réalité des choses passées, que par cette violence qui peut nous tomber dessus à tout moment. On n’est clairement pas à l’abri d’un fou qui cherche à creuser le plus de tombes possible et cette histoire nous le fait bien comprendre. La réalité des évènements remet en question toute la notion de sécurité grâce à laquelle on peut poser nos têtes sur l’oreiller tous les soirs et s’endormir tranquillement. Toutes ses folies meurtrières trouvent leurs origines dans l’esprit d’un fou, qu’il agisse seul ou au nom de plusieurs. La peur est un sentiment affreux et il est mis en avant ici, là où la violence n’a pas de limites ni de raisons.

Ce livre ne peut que laisser des traces dans son sillage, des traces indélébiles, et quand vous l’aurez lu, vous comprendrez pourquoi. Je ne m’attendais pas à une telle claque, bien que la plume de Jacques Saussey m’avait déjà envoûtée par le passé, le genre de sentiment qui vous cloue par terre et ne vous laisse pas vous relever tout de suite. J’ai ressenti ce stress pour les personnages, la peur de les voir finir dans une boîte de bois six pieds sous terre. C’est pour moi un livre coup-de-coeur ! Une bombe en page !

J’en parle en vidéo dans mon bilan lecture d’Avril !

ne prononcez jamais leurs noms

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