Synopsis :

2011177382Après Block 46, le duo d’enquêtrices Emily Roy (profileuse de renom) et Alexis Castells (écrivaine de true crime) revient pour une enquête terrifiante qui explore, cette fois encore, l’histoire et les liens familiaux.

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.

Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches…

Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?

Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

 

Mon avis :

« Mör » est une enquête en deux temps, avec la même mise en place que « Block 46 », hyper efficace, avec des personnages intéressants et attachants, et un rythme bien cadencé !

Un peu d’histoire …

Tout commence par un corps de femme retrouvé près d’un lac, posé contre un arbre, nu, avec des morceaux de chair en moins …

En parallèle, l’enlèvement d’une célèbre actrice devant chez elle, dans sa voiture, et dont on ne retrouve que ses chaussures, dans un sachet plastique là où était garé son véhicule.

Et enfin, on remonte l’histoire jusqu’en 1888, à Londres, à l’époque où Jack L’Éventreur sévissait et mutilait atrocement des prostituées.

Et, tenez vous bien, car Johana réussit un coup de génie en réunissant toutes ces histoires sans fausse note, dans un thriller haletant et addictif.

Des personnages retrouvés

Alexis Castells et Emily Roy font leur grand retour après les histoires de « Block 46 ». On retrouve donc notre BIA Emily Roy de Londres, une partie de son équipe, mais aussi Alexis Castells, avec Stellan son compagnon ( rencontré lors de l’enquête de « Block 46 » ) et une partie de l’équipe d’investigation suédoise, dont de nouveaux éléments comme Aliénor Lindbergh, qui est clairement un nouveau personnage très intéressant et qui mérite beaucoup d’attention.

On rejoint donc des têtes connues, qui nous avaient déjà embarqués à travers une sacrée histoire, mais aussi des petits nouveaux qui donnent un vrai plus au roman. Le personnage d’Aliénor est un coup de cœur pour moi. Très différente de ce qu’on rencontre d’habitude, elle est très bien mise en avant par l’auteure, qui lui donne une place spéciale et suffisante.

Le mythe de Jack l’Éventreur dans « Mör »

Une partie de l’histoire est consacrée à la période sombre et austère de 1888 à Londres, notamment le quartier de Whitechapel, celui qui abrite les gens pauvres de Londres, ainsi que les prostituées. Ces dernières sont les cibles privilégiées de l’Éventreur, qui laisse ses victimes abandonnées, leurs organes à l’air, comme de simples bouts de viande.

Sauf que ce qu’il se passera cette année là à Whitechapel, aura des liens plus ou moins directs avec ce qui se passera en Suède et à Londres en 2015. Autant dire que le lien entre les deux périodes sera surprenant mais aussi très bien pensé et extrêmement bien relié avec l’enquête actuelle.

J’ai beaucoup apprécié également le rapport avec la mythologie nordique, notamment Odin. C’est une mythologie qui m’intéresse énormément, et ce choix de l’incorporer à l’histoire m’a énormément plu. Je ne vous en dirai pas plus, au risque de gâcher l’histoire et de vous spoiler. Mais je tenais à en parler ici.

Un style efficace

La plume de Johana Gustawsson m’avait déjà complètement transportée lors de la lecture de « Block 46 », mais dans « Mör » on comprend vite que l’auteur a évolué, et en bien ! Le style est toujours le même : direct et efficace. La plume a changé. On sent Johana plus sûre d’elle même. Elle a opéré un peu plus de légèreté, tant dans l’humour exprimé, que dans les thèmes abordés avec un peu de sarcasme.

L’écriture est toujours aussi fluide, l’histoire tient la route et on est, comme dans son premier opus, complètement embarqués dans l’histoire dans laquelle elle nous emmène. Les passages au passé sont très immersifs et on ne peut qu’apprécier cette mise en abysses .

Une lecture absolument géniale

J’ai adoré ce livre , du début à la fin. Le style de l’auteur est efficace, rythmé, agréable et addictif . On retrouve des personnages déjà rencontrés et appréciés dans « Block 46 »: Alexia Castells et Emily Roy, sans compter famille et enquêteurs les épaulant.

Le mythe de Jack l’Éventreur est abordé de façon logique et implacable. Le lien entre Whitechapel en 1888 et l’enquête actuelle est très subtil et intéressant. C’est une excellente idée que ce soit relié de cette façon. La distance par rapport à cette période est respectée, et plus on se rapproche de l’époque contemporaine, plus le lien entre les deux histoires paraît fort, logique et incroyable. On se rend alors compte de l’ampleur des dégâts qu’ont causé les meurtres du plus connu et plus énigmatique tueur de Londres.

Bref, « Mör » est un livre extrêmement bien ficelé et développé. On est pris au jeu avec les personnages. L’histoire nous transporte dès les premières lignes et ne nous lâche pas avant le coup de grâce final. Un excellent roman que j’ai dévoré. Johana Gustawsson est décidément une auteur à suivre de très près !

J’en parle dans mon bilan lecture de mai !

 mör

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