Synopsis :

territoiresLes exécutions sommaires de trois jeunes caïds de Malceny, « plaque tournante de la came pour l’Île-de-France », mettent la SDPJ sur les dents. Mais le capitaine Coste n’a pas peur de mettre le feu aux poudres…

À Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s’implante comme un virus dans cette ville laissée à l’abandon, qui n’attend qu’un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s’adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d’inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l’État contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville.
La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer…

Mon avis :

Un livre rythmé et convaincant pour ce deuxième tome de la trilogie du Capitaine Victor Coste et de son équipe du SDPJ du 93. De l’action, des scènes difficiles, une équipe soudée, de l’humour. Le genre de roman policier que j’aime et que j’adore.

Une histoire sur fond politique

Trois gros dealers de cité se font tuer en l’espace de quelques jours, ce qui laisse les lieux sans dessus-dessous, et avec donc des risques pour les habitants et les policiers quand des petits caïds voudront tenter de prendre le pouvoir à la place des derniers maîtres des lieux. On peut rajouter à toute cette tension, un homicide où la victime a été torturée, des pains de cocaïne et des grosses sommes d’argent planqués chez des retraités , un jeune caïd de 13 ans qui fait régner l’ordre et la terreur, …

Quand l’adjoint au maire est retrouvé décédé suite à une séance de torture, les enjeux politiques rentrent alors dans la partie. Le bras de fer entre les gangs des cités et les dirigeants peut commencer, laissant dans son sillage émeutes et policiers risquant leur vie.

Un style à part entière

On pourrait appeler ça du Norekisme… ( ma Sev’ c’était pour toi ça! ) .Olivier Norek, de par son vécu et son style, nous livre, avec cette trilogie axée sur la SDPJ du 93, un domaine d’écriture que je n’avais pas encore croisé dans d’autres polars français.

Chaque mot sent le vécu, chaque situation nous met face à la réalité. Et c’est en ça qu’Olivier Norek a cette plume complètement unique, avec environ 80 à 90 % de faits inspirés de la réalité dans tout ce qu’il écrit. Même si chacun de ses romans est un assemblage de petites affaires, il nous rappelle combien ce monde est soumis aux règles du pouvoir.

Sa plume et la surtension ressentie dans ses livres en fait un des meilleurs auteurs de polar français, sans oublier de mentionner la simplicité et la gentillesse dont il fait preuve lors des séances de dédicace. Bref un auteur à suivre !!

Un roman passionnant

Les chapitres courts ne nous laissent pas le temps de reprendre notre respiration. On est clairement embarqués dans l’histoire dès les premières pages, alors que des dealers se font exécuter en pleine rue.

L’équipe de Victor Coste, composée de Sam, le geek plus adepte aux recherches informatiques qu’aux scènes de crime; Ronan, les muscles de la bande, et Johanna la seule femme, aux allures d’un militaire. Une équipe gravitant autour du capitaine Coste, un homme droit et intègre, qui fera tout pour la protéger et qui n’hésitera pas à sortir des clous quand le besoin s’en fera sentir. Une équipe donc, à laquelle on s’attache, avec laquelle on rit, car l’humour et le sarcasme font partie intégrante de l’amitié tenace qui les lie.

C’est cette même équipe qui devra affronter plusieurs attaques directes pendant des évacuations, qui se devra de protéger des témoins ménacés par une hierarchie qui veut du résultat sans se soucier de la vie d’autrui. Une équipe donc qui devra rester soudée malgré toutes les épreuves effrayantes et innommables face auxquelles elle se retrouve .

Les thèmes que l’auteur aborde ici ne sont pas monnaie courante et je dois avouer qu’avant de commencer la trilogie avec « Code 93 », je n’étais pas sûre d’aimer. Les banlieues, les racailles, la drogue, ce n’était pas du tout le genre de sujet que j’aimais ou que je recherchais dans une lecture. Et au final on est tellement pris dans l’enquête et l’ambiance que ces thèmes en font une particularité et une spécificité qu’on ne retrouve pas ailleurs.

Un ressenti terrible

Quand on se rappelle qu’il y a plus de 80 % de réalité dans ses romans , on est en droit de se poser la question sur la puissance des faits. Si tout ceci n’est pas qu’illusion, que se passe t’il vraiment lorsque la politique et les gangs de rue s’entrechoquent ?

Olivier Norek a vécu toutes ces histoires qui, mises bout à bout, en font des romans extraordinaires. Il a su faire ressortir le désarroi et la douleur des familles en période de drame. Il a su nous montrer à quel point, même ceux qui paraissent forts, ne sont en fait que des instruments d’un pouvoir qui les dépasse. Il a su nous montrer à quel point le travail des policiers est difficile et tendu. À quel point les flics qui se retrouvent là, pris entre le fait d’obéir aux ordres et de risquer leur vie, sont dans une situation qui dépasserait n’importe qui. On les envoie se jeter dans des guets-apens alors qu’ils savent très bien que c’en sont ,parce qu’ils n’ont pas cette possibilité de choisir ce qu’ils peuvent faire ou non.

On comprend, à travers ses romans, à quel point la vie de flic dans le 93 n’est pas la même que celle d’un flic en pleine campagne. Chaque coin de rue peut amener son lot de souffrance et de risque. Chaque intervention peut virer au cauchemar s’ils s’attardent trop sur place et que la tension des cités monte crescendo, à cause de leur présence qui n’est pas souhaitée et ils le savent. Pourtant parmi toutes ces cités, des innocents et des riverains à protéger, pour éviter que eux aussi ne soient des victimes de toute cette tension entre gangs et flics, entre dealers et policiers, le tout gouverné par une politique qui est au-dessus de tout ça et qui n’a que faire des dommages collatéraux.

En bref…

Vous ne pouvez pas passer à côté de cet auteur de talent ! Que ce soit avec « Code 93 », « Territoires » ou « Surtensions », Olivier Norek a su, grâce à son vécu et ses expérience, à travers ses mots , nous faire ressentir un panel d’émotion des plus diversifié.

Vous comprendrez bien vite que toute cette histoire tourne avant tout autour du thème de la gestion politique, et cela même en temps de crise, ainsi que du pouvoir et des ordres donnés, qui ne peuvent être discutés. Sans ce besoin qu’on les politiciens de vouloir tout gérer, quitte à tremper dans des magouilles énormes , certaines choses ne seraient pas . On comprend bien vite à quel point ceux qui ont le pouvoir sont surement les pires et qu’ils se moquent de tous les dommages collatéraux le temps que leur cause est servie.

Ne vous posez pas de questions, lisez ce livre ! Même si les thèmes de la drogue et des cités ne vous attirent pas, vous passerez bien au-dessus de tout ça, car en fait ce n’est pas là le cœur de ses romans. L’essence même de ses livres est son expérience et son vécu, et ça , en plus de le ressentir, vous le vivrez au fil des pages.

territoires

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