Synopsis :

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« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

 

Mon avis :

Un roman Coup de cœur ! Solène Bakowski m’avait déjà bouleversée avec « un sac », et elle réussit la prouesse de faire que ses deux premiers romans soient simplement exceptionnels.

Une histoire touchante

Mathilde est une petite fille de 9 ans. Très touchante et très maline, elle voit bien que son père a du mal à se remettre du décès de sa mère. Elle l’entend pleurer, ou parler à sa femme qui n’est plus. Et il n’est plus très gentil avec elle, il passe son temps entre drogue et alcool. Et la grand-mère de Mati essaie de recoller les morceaux, de faire que la petite fille souffre le moins possible de cette situation. Et pourtant un jour, Mati ne reviendra pas de l’école … Que s’est-il passé ? Que lui est-il arrivé ? Où est-elle ? Avec qui? Tant de questions qui restent sans réponse pendant un temps qui paraîtra une éternité pour sa famille.

Une explosion de sentiments

Tout d’abord cette inquiétude qui nous gagne, nous nous faisons du souci pour cette petite fillette innocente. On croise les doigts, espérant que le malheur ne l’ait pas touchée. Et puis on rencontre Rémi, jeune homme autiste, qui va croiser le chemin de Mathilde. Une bonne intention sera la cause de sa disparition, mais laquelle ?

Particulièrement touchée par cette histoire, ayant moi même un fils autiste, on sait à quel point les regards et les paroles envers eux peuvent être blessants. Cette histoire, les personnages, la façon dont les mots sont exposés, imbriqués, touchent le lecteur que nous sommes, nous embuent le cerveau de toute la puissance dont ils sont capables. Les mots de l’auteur sont justes, et font peur en même temps. Avec Solène, les préjugés ont la vie dure et ce n’est pas plus mal. La mère de Rémi m’a beaucoup émue, surtout à la fin, où son amour pour son fils reste son seul moteur. Voir toute cette désolation dans les familles, toute cette douleur, alors qu’une bonne intention était à l’origine de toute l’histoire. Sans les préjugés, la fin aurait été très différente. Et pourtant, cette histoire, racontée de cette façon-là, n’est que la réalité des choses, la seule façon dont les personnes voient le monde qui les entoure …

Un style addictif

Avec son premier roman, « Un sac », Solène Bakowski avait déjà tapé très fort ( ma chronique ici ). Elle avait su nous retourner l’esprit et nous choquer à quelques pages de la fin. Avec « Une bonne intention » elle revient avec une histoire différente, qui ne mise pas sur un twist et une révélation fracassante, mais plutôt sur la puissance d’un amour incompris qui amènera au drame. Loin, bien loin du premier livre, même si on ressent encore la puissance des mots et le style de l’auteur, dans celui-ci c’est l’histoire, l’incompréhension de cet amour plus puissant que tout le reste, la finalité, l’ambiguïté des propos et des relations.

Le roman vous noue les tripes jusqu’à la fin, tant par le choix des mots que par celui des situations. Il s’impose, mais avec toute la délicatesse que l’auteur peut donner. Ce n’est pas un roman coup de poing, c’est un coup de cœur, qui laisse le lecteur sur le carreau avec les larmes aux yeux et la boule au ventre, suffisamment longtemps pour se rappeler à quel point on aime ça, ce style, cette plume, cette facilité à nous suivre dans des histoires qui sont sûrement plus proches de la réalité que ce qu’on pourrait s’imaginer.

Je vous conseille ce livre, qui est un page-turner efficace et puissant. Savourez cette destination vers laquelle Solène vous emmène, suivez la, jusqu’au bout de cette magnifique histoire.

Disponible en numérique. Version papier pour Mars 2018 !!!

 

 

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