Synopsis :

blackout babyLondres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville. En
quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus
operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt
le Blackout Ripper.

Londres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville. En
quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus
operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt
le Blackout Ripper.
Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime, conçus comme des
indices codés, imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante :
le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley
et de son manuscrit démoniaque,  » Le Livre de la Loi « .
Insaisissable, le tueur caché dans l’ombre du Blitz décide de s’attaquer aux
enfants de Londres – ceux qui doivent être évacués lors de l’opération
« Joueur de flûtes’. Mais il va trouver sur sa route une femme, Amelia
Pritlowe, qui va faire de sa traque une affaire personnelle.
Une enquête inspirée de faits et de personnages réels.

 

Mon avis :

Avec « Blackout Baby », Michel Moatti nous prouve encore tout son talent pour mettre le lecteur dans une ambiance historique, au cœur du Blitz, à Londres, en 1942. L’ambiance est précise, affûtée telle la lame d’un couteau, oppressante et stressante. Et la part de faits réels dans l’histoire rend le tout encore plus époustouflant !

L’histoire …

Amelia Pritlowe, suite à son enquête sur le meurtre de sa mère par Jack l’Éventreur ( voir mon article sur « Retour à Whitechapel » de Michel Moatti ), a retrouvé une vie normale en tant qu’infirmière au London Hospital. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Nombre de personnes arrivent blessées ou traumatisées, les bombardements des Nazis sur Londres sont courants et ne laissent pas de place à l’apitoiement.

Jusqu’au jour où un enquêteur, Mr Dew, ayant lui même enquêté en 1888 sur les meurtres du Ripper, prend contact avec Amelia afin de lui demander de collaborer et de l’aider à démasquer un tueur machiavélique qui profite des recoins sombres de Londres pendant les « blackout », ces moments où les lumières s’éteignent afin de dissimuler au mieux la ville des ennemis, pour tuer et massacrer des jeunes femmes. Et certains signes ne trompent pas : ses meurtres ressemblent fortement à ceux de Jack l’Éventreur 50 ans plus tôt…

… avec une grande part de réalité !

Comme pour son précédent roman « Retour à Whitechapel », Michel Moatti s’est inspiré de faits réels pour écrire « Blackout baby ».

gordon cumminsEn effet, Gordon Cummins, le meurtrier qui tua au moins quatre femmes pendant le blackout et en blessa sévèrement deux autres, a réellement existé et commis ces atrocités. Un beau visage, des yeux gris clairs qui séduisaient facilement ses victimes, Gordon Cummins n’avait aucun mal à emmener ses victimes à l’écart pour pouvoir en disposer plus facilement.

Source Wikipédia :

« Gordon Cummins est né à York en 1914. Soldat dans la Royal Air Force, sans toutefois avoir jamais piloté un avion, il y avait été ironiquement surnommé « M. le comte » par ses camarades, à cause de ses prétendues racines aristocratiques qui sont sans doute une légende.

Gordon Cummins était affecté à Londres, caserne de Regents Park, au nord de Londres. En quelques jours, en février 1942, Cummins a profité de la nuit et des conditions particulières de Londres lors du couvre-feu (éclairage extrêmement réduit ; circulation contrôlée…) pour assassiner quatre femmes et tenter d’en assassiner deux autres. Plusieurs de ses victimes ont en outre été sévèrement mutilées et violées. »

Une ambiance d’époque réaliste

Michel Moatti a ce don de réussir à faire voyager le lecteur dans l’espace mais aussi dans le temps. Avec lui, pas question de rester tranquillement dans votre canapé avec votre livre sur les genoux, non ! Avec lui vous êtes dans l’histoire, au cœur de ce Londres de 1942, froid, sale, sombre, où les lumières n’étaient pas allumées, pour éviter d’attirer encore plus les bombes des ennemis. Avec lui vous arpentez ces pavés irréguliers, ces trottoirs usés, ces vitrines vidées. Avec lui vous êtes là, au moment où ces femmes se font tuer, que dis-je ? Ce ne sont pas des meurtres mais de la barbarie couplée à de l’acharnement. Donc enlevez vos pantoufles et sortez les guenilles, vous allez vous promener dans Londres, en 1942, risquant de vous prendre cette bombe nazie mortelle, ou de vous faire enlever dans les recoins sombres pendant les alarmes du blackout…

londres 1942.2

londres 1942 londres 1942.1

Une excellente lecture

Quand on tombe sur des livres comme celui-ci, on ressort de la lecture complètement vidés d’avoir mis autant d’énergie avec les personnages. Tout est encore frais, en tête, on se remémore cette ambiance si originale, si pesante, complètement en dehors de notre temps. On a voyagé pendant la lecture, aux côté d’Amelia Pritlowe, cette infirmière qui a su prendre son passé à bras le corps et l’affronter, tout comme elle a su affronter ce criminel de Cummins.

Je tiens aussi à souligner ce langage d’époque utilisé par l’auteur, surtout lors des dialogues, ce qui a pour conséquence de nous mettre encore plus en immersion dans ce monde passé. On s’y croirait.

Enfin le rythme n’est ni trop rapide ni trop lent. Il permet au lecteur de prendre notion de l’ampleur de l’inquiétude des forces de police face à ce genre de criminel dans ce moment de l’Histoire précis. Comment attraper quelqu’un qui agit de façon désordonnée sans rien anticiper, dans le noir le plus total ? On a aussi le temps de peser toute la violence des meurtres dont il fait preuve. La retenue de l’auteur permet de comprendre les scènes si horribles et en même temps il n’entre pas dans du gore dérisoire et inutile.

Bref, une lecture que j’ai adorée, tout comme le premier roman mettant en scène Amelia Pritlowe, dans son face-à-face avec Jack The Ripper …

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