Édition Bragelonne ( poche ) – Parution le 14 Mars 2018 – 528 pages

Synopsis :

un coupable idéal.jpgIl n’est pas facile de tuer quelqu’un. La plupart des gens ne pourraient même pas envisager de commettre un homicide. Mais certaines personnes n’ont aucune empathie.

La CIA suspecte un cabinet d’affaires new-yorkais de fraude et de malversations, mais il lui manque un témoin clé pour le prouver. L’arrestation pour meurtre de David Child, un des plus gros clients du cabinet, pourrait tout changer… à condition qu’Eddie Flynn le persuade de passer à table, en échange d’une réduction de peine. L’ancien escroc reconverti au barreau a quarante-huit heures. Au-delà, la CIA rendra public un dossier monté de toutes pièces contre sa femme, avocate elle aussi.
Le problème, c’est que Child répète qu’il est innocent et qu’Eddie le croit. Le compte à rebours est lancé.

Mon avis :

Bien qu’étrangement peu emballée par le synopsis, j’ai voulu tester cet auteur dont j’avais déjà beaucoup entendu parler ! Et clairement ce bouquin est GÉNIAL ! Je me suis régalée à un point incroyable ! Un thriller comme j’en lis trop peu !

L’histoire :

Eddie Flynn est un avocat dans son propre cabinet. Il est démarché par la CIA pour défendre David Child, jeune milliardaire propriétaire d’un réseau social qui cartonne, accusé du meurtre de sa petite amie, et qui pourrait s’avérer être un témoin clé dans une affaire de blanchiment d’argent d’un autre cabinet d’avocat très réputé.

Bref, dit comme ça, ça fait un peu bordel, mais croyez-moi, l’histoire est addictive ! Donc forcément, Eddie Flynn va se retrouver embarqué dans une histoire où sa vie et celle de ses proche sera en danger, et il pourra alors compter sur sa capacité d’arnaqueur et sur sa perspicacité pour tenter de dénouer tous les problèmes qui se dresseront face à lui.

L’ambiance

Il y a de cela quelques années ( oui bon, pas tant que ça ), j’adorais jouer au jeu « Phoenix Wright, Ace Attorney » sur Nintendo DS …

phoenix wright

On était un avocat de la défense, Phoenix Wright, et on devait défendre corps et âme nos accusés. C’était un jeu différent ce qu’on trouvait d’habitude, déjà par les réflexions et l’ambiance « justice ». On passe le plus clair de notre temps à affronter un avocat véreux et coriace. Bref, j’adorais !

Et ici, avec « un coupable idéal » on retrouve cette ambiance de justice, de tribunal, d’avocats. On suit Eddie Flynn au tribunal, à tenter de démêler le vrai du faux. On assiste à des interrogatoires, contre-interrogatoires, objections, et j’en passe. Et quel kiff ! Bon sang, ça change vraiment de tous les polars et enquêtes policières qu’on peut lire et qui nous donnent bien souvent que le côté flic/enquête. Mais là on est dans le démontage de preuves, dans la perspicacité, dans la réflexion autour des possibilités. C’est tout un autre côté des histoires, un pan rarement exploré, et pour une fois, non seulement on aborde enfin ce thème, mais en plus c’est fait avec perfection. On s’y croirait ! L’auteur nous montre qu’Eddie découvre des preuves mais ne nous dit pas quoi… On doit attendre, on jubile, on s’enthousiasme, bref on est dedans et on en redemande encore plus.

Eddie et les autres…

la defense

« Un coupable idéal » est le second tome des enquêtes d’Eddie Flynn. Ne vous y trompez pas, je l’ai découvert une fois ma lecture finie ! Et pourtant, à aucun moment je ne me suis sentie lésée de ne pas avoir lu le premier tome : « La défense ».

Le personnage d’Eddie Flynn est très intéressant. Il est déjà très humain et ne peux se résoudre à passer des marchés si la vérité n’est pas révélée. Il pense à ce côté protection, relation avec son client. Il ne veut plus qu’un coupable soit relâché, pas plus qu’un innocent soit condamné. Sa vie, et son amour pour sa femme et sa fille le rendent attachant. C’est un personnage intelligent, malin, et qui entretient de nombreuses relations avec des flics, des agents de sécurité, des indics, etc…

Parmi ses plus proches amis, on retrouve Lézard, une sorte de garde du corps tireur d’élite et bien plus encore. Et puis Boo, Roger, Kennedy, Cooch, … Eddie a cette facilité à aller chercher dans ses relations la meilleure façon de résoudre son enquête. Et chacun répond présent, juste parce que c’est Eddie. Il est entier et vrai dans ses relations avec ses proches, et ils le savent et le remercient en étant là quand il en a besoin.

De rebondissements en découvertes

Je vous avoue que j’avais peur. Un peu plus de 500 pages, en format poche et franchement pas écrit très grand, ça aurait pu être longuet, compliqué, répétitif, ou autre. Et bien NON ! Pas du tout !! On est embarqués dès le premier chapitre qui a lieu pendant un vrai massacre deux jours après le procès. Et puis, dès le chapitre suivant, on commence au moment où Eddie est démarché par la CIA, de manière assez musclée soit dit en passant, soit 48 heures avant le premier chapitre… On connait donc la fin, on sait qu’Eddie va risquer sa peau, et on se demande comment ils vont en arriver là.

On va s’imposer en temps que spectateur dans l’équipe montée par Eddie pour le seconder. On sera là, aux premières loges, et l’immersion sera complète. Déjà, l’intégralité du roman se passe sur un délai très court ( environ 48 heures ), ce qui oblige quand même à avoir beaucoup d’actions car sur si peu de temps, il pourrait ne pas se passer grand chose. L’auteur réussit sans aucun problème à donner du rythme à son enquête, en alternant sans difficulté les passages de tribunal et les passages plus musclés et virulents, plus dangereux. Et en même temps, lorsque l’action se passe au tribunal, il nous montre le côté posé et réfléchi du roman. On est donc constamment accaparés par ce qui se passe, les détails étant suffisant mais pas en surnombre, nous permettant de nous approprier les lieux et les actions sans souci.

En bref …

« Un coupable idéal » a beau être un second tome vous pouvez le lire sans difficulté ni dépaysement, même si vous n’avez pas lu le premier. L’histoire est pertinente et a le mérite de paraître réelle. Le fait que ce soit exposé à la première personne nous aide encore plus à nous identifier au personnage principal, Eddie, qui en plus d’être un brillant avocat et potentiel arnaqueur, a ce côté très humain qui donne une dimension encore plus réelle au roman. Nous sommes embarqués par la puissance des scènes d’actions, et ce dès le premier chapitre. L’auteur n’est pas avare en détail et rend les scènes du tribunal encore plus réalistes, à travers le vocabulaire qu’il utilise mais aussi grâce aux répliques et à la façon dont il dépeint les lieux.

L’ambiance est parfaite, entre enquête et recherches, et moment de réflexions et de défense du client face à des avocats et des procureurs tous plus impitoyables les uns que les autres. J’ai aimé le fait que le client d’Eddie soit un créateur de réseau social, et qu’au final il semble bien seul, face contre tous. C’est différent d’un polar classique où l’on suit un duo ou une équipe de flics dans une enquête qui bastonne. Là on est vraiment dans ce côté tribunal et justice que j’ai clairement adoré ! C’est extra de tomber sur un roman tellement différent mais qui réussit sans une once de difficulté à nous embarquer au cœur de l’enquête et de l’action.

Ce roman est exceptionnel par sa différence et pourtant sa maîtrise du sujet. Un style fluide, rythmé, direct et d’un réalisme impressionnant. Une belle découverte, un coup de cœur !

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