Éditions Fleuve noir – 8 Mars 2018 – 528 pages

Synopsis :

toucher mortelmUne croqueuse de diamants létale…Vilain petit canard lorsqu’elle était enfant, Jodie Bentley a deux rêves dans la vie : être belle et devenir riche. Le premier réalisé ? avec un petit coup de pouce de la chirurgie plastique, elle travaille désormais ardemment sur le deuxième. Sa philosophie concernant l’argent est simple : on peut soit le gagner, soit se marier avec. Le mariage, facile. C’est se débarrasser du mari après coup qui s’avère compliqué, et qui requiert un réel talent. Rien de mieux que la pratique pour se perfectionner… De son côté, le commissaire Roy Grace subit la pression de la part de son supérieur et sa précédente affaire lui donne encore des insomnies. De plus, l’enquête sur la disparition de sa femme Sandy est relancée grâce à de nouveaux éléments, alors qu’un ancien adversaire fait son grand retour. Mais pire que tout, il est convaincu qu’une veuve noire opère en ville. Une femme à l’esprit venimeux et mortellement efficace. Grace réalise bien vite qu’il a sous-estimé sa dangerosité…

 

Mon avis :

Heureuse de retrouver la plume envoûtante de Peter James, j’ai encore une fois pris un plaisir immense à lire ce nouvel opus et retrouver le si calme et posé Roy Grace. Une enquête originale où une veuve noire sera le centre de tout…

L’histoire

Jodie Bentley coule le parfait amour avec Walt Klein, homme immensément riche ayant au moins deux fois son âge. Enfin en apparence en tout cas. Car Jodie a un plan. Elle veut devenir riche, et pour cela, elle n’a trouvé qu’une seule solution. Se marier à des hommes multi-millionnaires et devenir rapidement une jeune veuve éplorée, espérant ramasser au passage le pactole suffisant pour s’offrir une superbe maison sur le lac de Côme.

Roy Grace se remet doucement de sa blessure à la jambe qu’il s’était faite en poursuivant le docteur Edward Crisp ( dans le précédent opus « Lettres de Chair » – Ma chronique ICI ) dans les tunnels. Il doit aussi réfléchir au fait qu’il a sûrement retrouvé sa précédente épouse, Sandy, qu’il pensait disparue depuis dix ans, et il ne sait pas comment l’avouer à Cleo. De plus, son supérieur lui met la pression au boulot. Il n’a pas le choix, il doit assurer sur son enquête, qui va l’emmener droit dans les filets d’une veuve noire bien plus venimeuse qu’il ne le pensait…

Roy Grace, personnage attachant

Je lis énormément de romans policiers / thrillers. Vous le savez sans doute, et il suffit de regarder mes bilans lectures, ou juste la catégorie appropriée sur le blog. J’en lis beaucoup et j’adore ça. Et puis j’ai mes préférences aussi, sur certains personnages récurrents. Étonnamment ( ou non ) j’aime beaucoup les flics grognons, bourrus, et râleurs, fonçant dans le tas et ne discutant qu’après. Des Sharko, Coste et cie. Et pourtant, voilà que depuis « Lettres de Chair », j’ai découvert un flic doux, réfléchi, et surtout pas râleur. C’est une première pour moi, j’ai tendance à aimer l’inverse !

Mais Roy Grace est attachant. De part son passé, son expérience, sa vie de famille et ses décisions. Tout est mûrement réfléchi, même s’il réagit quand même très vite. On sent qu’il sait vraiment ce qu’il fait et, bien que son supérieur chercher inexorablement à lui faire porter le chapeau pour des broutilles, ou à lui serrer la corde au cou le plus possible, Roy Grace réussit à garder suffisamment de réserve et de distance pour mener à bien ses enquêtes, tentant de déjouer les plans machiavéliques d’une femme en mal d’argent et d’un tueur en série plus malin qu’il n’y paraît. Son passé affectif et sa relation actuelle le rendent très proche de la réalité. Papa méritant, époux aimant, maison en pleine campagne et promenade avec le chien, de quoi rendre plus humain un personnage aux lourdes responsabilités.

Une thématique intéressante

Autant se le dire, on retrouve rarement des femmes coupables dans les polars. Généralement, on les voit s’égosiller à courir après des hommes violeurs ou tueurs en série. Ici c’est une femme qui est le centre de l’attention. Et c’est avec des armes de femmes qu’elle se bat : exit la violence, tout est fait en douceur, cherchant presque à se rendre invisible, à jouer plusieurs rôles, ayant toujours quelques coups d’avance.

La thématique de la veuve noire, en rapport avec l’arachnide à 8 pattes dévorant son partenaire après la copulation, est abordée de façon claire et non modérée. On comprend bien vite que Jodie Bentley s’amourache de vieillards millionnaires afin de les tuer rapidement et de récupérer leur argent. Le vilain petit canard, mal aimé de ses parents, veut devenir un magnifique cygne et s’octroyer le luxe d’acheter une villa sur le Lac de Côme, pour montrer à son père et sa mère qu’elle valait mieux que son idiote de sœur, si chère au cœur de ses parents. Une bataille qui nous la rend attachante, malgré nous, amenant le lecteur à penser que si elle est comme ça aujourd’hui, ce n’est pas vraiment de sa faute.

En bref

C’est toujours un grand plaisir pour moi de retrouver la plume de Peter James. C’est un peu mon Thilliez Anglais. Il a une façon calme et posée de nous amener à nous plonger dans son enquête, sans que nous ayons une quelconque envie d’en sortir. Il nous ajoute quelques pincées d’analyses scientifiques, une dose de suspense et d’action et on embarque sans crier gare. Un roman qui se dévore tout seul, tant par le rythme que par l’intrigue.

La thématique abordée et rare, tout comme le fait de mettre une femme très maline et machiavélique au centre de toute l’histoire. Elle n’a peur de rien pour arriver à ses fins, ce qui la rend plus dangereuse encore !

Un excellent polar anglais, qui à mon sens est bien plus proche de ce que nous avons de meilleur en France que des humours anglais que nous croisons d’habitudes. Ce roman a tout pour plaire, et pour moi ça l’a vraiment fait !

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