Édition La Mécanique Générale – Paru le 26 Avril 2018 – 719 pages

Synopsis :

les marcheurs9 septembre, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les marcheurs de la mort ne fait que commencer.

 

Mon avis :

Un roman qui vous aspire complètement, vous embarquant en apnée totale dans un monde qui nous échappe. Le terrorisme de masse n’en est qu’à son commencement, et toute l’envergure de la chose nous saute aux yeux dans cette histoire. Une performance éblouissante d’un auteur trop peu connu !

L’histoire :

Sam Pollack est un flic du NYPD. Il élève seul sa fille depuis que sa femme est décédée dans l’attentat du 11 Septembre 2001. Et aujourd’hui, 11 ans après cette horreur qui a plongé les États-Unis d’Amérique dans le chaos le plus total, de nouvelles vagues d’attentats ont lieu sur tout le territoire. Des personnes ordinaires, chirurgiens, banquiers, mères au foyer, se mettent en marche et explosent les uns après les autres.

Tous ces innocents doivent marcher sans s’arrêter, sous peine de se faire exploser avec tout ce qui les entoure… Une enquête qui va toucher l’inspecteur Pollack plus qu’il ne l’aurait voulu, et c’est aux côtés de Liz MacGeary, responsable de l’agence Fédérale responsable de la sécurité du territoire, qu’il va tenter de comprendre qui, pourquoi, et quand, et tout faire pour réduire les pertes et leur violence. Il devront tout donner pour tenter d’en sortir indemnes…

Terrorisme et innocence

Je ne suis pas de celles qui suivent l’actualité en général. Même si c’est important de se tenir au courant des avancées, nationales et mondiales, je juge que les journalistes ne disent que ce qu’ils veulent bien nous dire ( ou ce qu’ils sont payés pour dire ) et que la vraie information n’est pas forcément celle relayée à tort et à travers plusieurs fois par jour. Et malgré mon manque cruel en matière d’information, on ne peut jamais manquer le fait qu’un attentat ait lieu. Bien sûr, on ne nous parle pas de ceux qui sont déjoués chaque jour, mais on va aborder un nouveau massacre sous tous les angles possibles. En soit, je n’aime pas forcément ce sujet. Je m’y sens impuissante. Et pourtant dans les thrillers, c’est un thème que je suis venue à affectionner tout particulièrement.

Chaque auteur nous raconte l’histoire qu’il a envie, nous passant un message précis. Bien que le thème du terrorisme ait plusieurs points de vue possibles, on considère bien souvent que ceux qui blessent sont volontaires et décidés. On est ici dans une vision complètement différente de nos idées reçues. Les marcheurs de la mort sont des hommes, des femmes et des enfants, qui n’ont juste pas eu la même chance que d’autres. Ils sont mal tombés et en recevant ces enveloppes kraft, aucun choix ne leur est laissé. S’ils ne marchent pas ils explosent. Les porteurs de bombes ne sont que des innocents, tout comme ceux qui auront le malheur de se trouver à côté d’eux quand ils s’arrêteront. On ne peut donc pas les tenir pour responsable de ce qui arrive, et pourtant, il faut bien un coupable, mais qui ?

L’auteur nous laisse aussi comprendre qu’ici, ça peut arriver à n’importe qui. On a tous tendance à penser que ça n’arrive qu’aux autres, et pourtant, voici une façon brutale de nous ramener à la réalité. Tout en sachant que tous les coupables n’en sont pas forcément, le fait d’innocenter ceux qui créent l’explosion en arrêtant de marcher emmène le lecteur dans un imbroglio de sentiments contradictoires, le laissant à peine respirer entre deux attaques.

Le rythme et la plume

On ne s’ennuie pas. Et encore mieux, on bouffe les 700 pages en si peu de temps qu’on ne s’en rend pas compte. Ça pourrait paraître long, et pourtant, le rythme est effréné et ne laisse jamais place à un essoufflement ou un ralentissement. Les explosions s’enchaînent, les moments de stress et de tension aussi. On est bombardés au cœur d’une catastrophe terroriste inimaginable, dans une ville déjà sous tension et au moment de l’inauguration d’un bâtiment commémoratif des derniers attentats. Tout le pays retient son souffle autant que le lecteur, ayant presque peur que l’horreur sorte des pages et l’embarque malgré lui dans toute cette violence, le rendant complice d’une explosion dont il n’est que le triste spectateur.

Auteur de nombreux romans, c’est pourtant à travers celui-ci que je découvre l’auteur. Et je peux vous dire qu’il m’a complètement scotchée au fond de ma chaise, me laissant couler à travers les pages, puis me laissant respirer quelques millièmes de secondes pour mieux me remettre la tête sous l’eau. C’est un roman dont on ne sort pas indemne et je crois que la brutalité des faits mais aussi la qualité de la plume sont adéquats pour transmettre une telle violence. Il m’a réellement épatée, car bien que le sujet m’interpelle bien souvent dans les thrillers, c’est aussi et surtout sa façon d’amener les choses et de les montrer au lecteur qui fait de ce bouquin un des meilleurs du genre, si ce n’est un pilier.

En bref

Quand les innocents deviennent les marionnettes des terroristes, on peut craindre le pire. Personne n’est épargné et la terreur est partout. Voilà dans quelle ambiance vous allez plonger, dans une descente direct vers l’enfer le plus proche. Un roman choc, coup de poing, qui ne peut pas laisser indifférent. On a presque l’impression de pouvoir nous aussi devenir victime de ce massacre, ce qui est une belle qualité de l’auteur, renvoyant le lecteur à une triste réalité bien trop souvent oubliée : ça n’arrive pas qu’aux autres.

« Les marcheurs » de Frédéric Mars nous plonge dans un monde plus que réel, ne laissant aucune place pour le reste. On est plongés et absorbés par toute cette histoire. L’auteur laisse s’insinuer en nous la peur, voire la terreur, et fait tout pour que ce roman nous marque même après avoir tourné la dernière page. Gros coup de cœur pour moi pour ce thriller aux allures de réel, tellement bien amené et tourné qu’il vous fera froid dans le dos. Une pépite du noir !

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