Auto-édition – Paru le 27 Mai 2018 – 433 pages

Synopsis :

la foret

1958.
Lors d’une sortie scolaire, sept enfants s’égarent en forêt et se réfugient dans une cabane abandonnée, au centre d’une clairière.

Très vite, ils réalisent que toute tentative de fuite les ramène systématiquement à leur point de départ. Un constat s’impose : ils sont prisonniers.

Et le pire n’est peut-être pas cette Chose qui rôde la nuit ; le pire, pour un survivant, ce sont parfois les autres survivants…

Mon avis :

Encore un roman en auto-édition qui a su me convaincre ! Un auteur que je ne connaissais que de nom « Tatiemachin »et que je n’avais pas lu. Quelle erreur ! Je me suis vraiment éclatée au fil des pages, et malgré quelques longueurs, j’ai vraiment apprécié rester coincée avec tous ces jeunes dans les bois…

L’histoire :

1958. La sortie scolaire dans la forêt laisse ces jeunes collégiens pantois. Ils s’ennuient et ce que dit leur prof ne les intéresse pas. Alors quand l’un des derniers de la file trébuche sur une branche, les autres l’attendent. À sept, la prof sera obligée de ralentir ou de les attendre. Et ils en profitent pour traîner des pieds, espérant la rattraper une fois l’exposé fini. Sauf qu’ils ne la rattraperont jamais, et ils devront passer la nuit dans cette mystérieuse cabane, au cœur de cette étrange clairière, au cœur de cette inquiétante forêt.

Mais ce à quoi ils ne s’attendaient pas, c’est qu’il leur serait désormais impossible de quitter cette clairière …

Huis-clos à l’air libre

C’était évident, je l’ai pris comme un huis-clos. Ils ont beau être entourés d’oiseaux, d’arbres, champignons et touffes d’herbe, les sept enfants sont bien enfermés dans une « forêt sur elle-même » ( vous comprendrez en lisant ). Ils tournent en rond, leur point de départ et d’arrivée étant forcément cette clairière et sa cabane de fortune. Ils sont donc enfermés dans cet espace à la fois restreint et infini. Ils vont devoir affronter la faim, la soif, la cruauté, la jalousie, la violence, la rage, l’ennui, et j’en passe. Tant d’émotions à contrôler alors qu’ils sont contraints de vivre ensemble, et de surmonter ça.

L’impression que j’ai eue, c’était une sorte de « Hunger Games », vous savez ce roman où ils envoient une vingtaine de jeunes, garçons et filles, dans une arène sous bulle, leur donnant l’impression d’évoluer en forêt mais les empêchant de sortir du périmètre défini. Un huis-clos à air libre. Donc même si dans la finalité, ce n’est pas du tout la même histoire, je m’y suis un peu retrouvée dans cette idée.

L’idée que les enfants vont se faire de cette « forêt sur elle-même » est assez lugubre, un monstre en sortant toutes les nuits pour venir fracasser leur maison si fragile. Mais c’est aussi un lieu qui leur fournit à boire et à manger. Certes, pas en abondance, mais suffisamment pour survivre. On se demande constamment s’ils réussiront à sortir de cette forêt un jour, comment, pourquoi … Tant de questions qui nous retournent le cerveau au fur et à mesure de la lecture.

Style lourd mais efficace !

J’ai senti que l’auteur a vraiment voulu nous mettre dans l’histoire en faisant entendre au lecteur les pensées d’un seul personnage, j’ai presque envie de dire « le meneur ». Sauf que c’est un garçon de 12/13 ans en 1958 et qu’il s’exprime constamment par « Les mecs »… « Hé vous savez les mecs » ou « Alors là les mecs »…. Même quand il s’adresse au lecteur. Alors certes, le personnage s’excuse c’est sa façon de parler, mais je vous avoue que c’est lourd, très lourd…. au début ça passe, et quand vous avez ça pendant plusieurs dizaines de pages, on finit par s’en lasser très vite. Le problème c’est que ça alourdit l’histoire. Je pense que j’aurais été beaucoup plus inquiète pour ces jeunes s’il n’y avait pas eu pour moi cette « faute de style ».

Quand enfin ces appellations finissent par se tasser, on savoure un peu plus l’histoire et j’admets bien volontiers que c’est très prenant. On a, d’un coup, plus d’empathie pour eux, on est moins agacés par le personnage qui nous rabattait les oreilles avec ses surnoms typiquement masculins. J’étais un peu sceptique quant à la fin qui m’a laissée bouche bée. Étonnée que ça se finisse ainsi, mais est-ce vraiment une fin ? Elle est peut-être trop ouverte ? L’impression de ne pas avoir tout compris, même si encore une fois l’auteur, à travers les paroles du personnage principal, nous dit qu’il ne nous expliquera pas tout. Je suis donc ressortie heureuse de ma lecture, mais aussi assez frustrée, de ne pas avoir le fin mot de tout ce qui s’est passé. J’aurais aimé qu’une explication me soit donnée.

En bref

Se perdre en forêt ne fait peut être pas partie des peurs de chacun, mais de celles des enfants oui. Et ici, l’auteur embarque un groupe de 7 enfants, aux caractères tous différents, dans une forêt qui les perdra… J’ai été assez étonnée du manque de sentiments de certains, bien que ce soient des ados. Ou bien est-ce moi qui était trop sensible à cet âge ? Cela n’empêche en rien le fait que l’histoire, en plus de tenir debout, est captivante à souhait. On est plongés dans cette forêt qui leur donne tant, tout en leur prenant leur liberté. Un huis-clos ouvert, enfermés dans une forêt infinie, cachant bien des secrets…

J’ai vraiment beaucoup aimé l’histoire, bien que le style de l’auteur sur les premiers chapitres m’ait donné un peu de difficultés. Néanmoins, ça s’améliore nettement, et on profite alors de toute la splendeur de son esprit et de l’histoire qu’il nous a créée. Bien que beaucoup de questions restent sans réponse et que la fin me gène un peu, j’ai vraiment apprécié ma lecture et passer du temps auprès de ces jeunes ados qui vont devoir affronter la faim, la soif, l’envie, le désir, la mort, la peur et bien d’autre chose.

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