Éditions Robert Laffont – Parution le 11 Octobre 2018 – 384 pages

Synopsis :

inexorable

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants. 

Mon avis :

Un roman remarquable, imposant un avis rempli de justesse sur un sujet trop peu abordé. Les enfants sont l’avenir de la société et aussi sa faiblesse. Comment peut-on espérer avoir un bel avenir pour eux si déjà tout le monde les repousse quand ils sont jeunes ?

Je vous préviens, ma chronique ne sera pas du tout comme d’habitude. J’ai énormément de mal à mettre des mots sur mon ressenti. Déjà, je ne vous raconterai pas l’histoire. Je peux juste vous dire qu’on va suivre Milo, et sa mère, et la relation qu’ils ont, dans l’évolution de leur famille, dans toutes les épreuves qu’ils devront affronter face aux personnes qui ne cherchent pas à les comprendre, qui les jugent, qui les enferment derrière une étiquette qui ne leur est pas adaptée.

Claire Favan met ici à jour un énorme problème de notre société à travers l’histoire de Milo. Alors certes, c’est du fictif, et tout ce qui est brodé autour de la vie et de l’évolution de Milo n’est en fait qu’un détail, une goutte d’eau dans l’océan qui nous montre à quel point la justice et la société peuvent avoir des œillères concernant les préjugés sur des situations mais aussi et surtout sur des personnes.

On est bien loin de ce que Claire Favan nous propose d’habitude. Certes, on y retrouve une trame sur des meurtres, des disparitions, etc… mais elle ne sert que de décor pour nous dérouler le véritable drame de la vie : celui de ne pas rentrer dans le moule et de se retrouver du coup à se battre pour être compris, ou même juste écoutés. Et c’est au final tous ces regards, ces mots déplacés que l’ont prête aux personnes différentes qui sont les plus terribles. Le fait de les classer comme bêtes, ignorants, dangereux, méchants ne les obligent-ils pas à se reclure et en fin de compte, vraiment donner l’impression d’appartenir à ces étiquettes qui leurs sont collées sans qu’ils aient leur mot à dire ?

Ce roman a été une claque, un uppercut qui m’a fait réaliser à quel point elle avait raison. Mon premier sentiment après avoir fini le roman était de me dire qu’au final, la trame autour des meurtres n’est que décor, et elle ne donne pas l’impression d’être réellement bouclée. Et avec quelques jours de recul, j’ai pris conscience de la portée du message de ce roman. J’espère du fond du cœur qu’il fera un sacré bout de chemin et qu’il pourra faire évoluer les esprits et les idées reçues. Qu’on le veuille ou non, on se fait tous cataloguer un jour derrière une étiquette, que ce soit de notre métier, notre vie de famille, notre passé ou nos passions. Pourtant certains le vivent mal, et ne trouvent pas de moyens de s’adapter à cette société qui a besoin de tout ranger dans des cases. Lire ce roman ouvre les yeux, montre à quel point il faut évoluer, pour s’aider les uns les autres, se tendre la main au lieu de se poignarder dans le dos. C’est une belle leçon de vie que nous apporte ce roman magistral. Et Claire Favan a su nous en parler avec la finesse et la justesse qui était nécessaire. Magnifique ! Magistral !

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