Éditions Fleuve Noir – Paru le 13 Septembre 2018 – 480 pages

Synopsis :

la coupureQuand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

Mon avis :

Un thriller rondement bien mené, très addictif, menant le lecteur par le bout du nez jusqu’à une fin qui m’a beaucoup plu ! Encore une belle carte de jouée par Fiona Barton !

Les femmes dans le roman

Dans cette histoire, l’auteure nous embarque au cœur des sentiments féminins. Les femmes sont mises en avant ( comme dans « La veuve » finalement ), et ce n’est pas pour nous déplaire. Elle leur donne à chacun une psychologie fine, un caractère, un passé et des secrets. Et elle nous en sort quelque chose de fantastique. Chacune va découvrir la coupure de presse parlant du cadavre d’un bébé retrouvé lors d’une réhabilitation d’un quartier résidentiel. Et chacune va réagir différemment. Kate, la journaliste ( déjà mise en avant dans « La veuve » ) va forcément chercher à creuser la piste pour découvrir qui, quand et pourquoi. Nous découvrons également Emma, une jeune femme qui va réagir de façon expansive à la lecture de cette coupure de presse. Elle va chercher à savoir où en est l’enquête, ce qu’ils ont découvert exactement, et sera constamment sous tension… On va enfin rencontrer Angela, à qui la coupure de presse fera remonter des souvenirs douloureux : l’enlèvement de sa fille à la maternité, quarante ans plus tôt.

Dans ce roman, Fiona Barton a su donner toute la dimension nécessaire pour comprendre l’esprit complexe des femmes. Elles sont fortes, et pourtant si faibles à la fois. Elles vont savoir se relever, mais seront prêtes à sombrer de nouveau. Elles savent garder la tête froide et se sentiront pourtant bien souvent complètement dépassées par les événements. À travers ses mots et sa plume, l’auteure va nous montrer à quel point les femmes de son histoire peuvent supporter de choses avant de sombrer définitivement. Chacune m’a impressionné. En montrant leurs faiblesses, elles montrent aussi leurs forces.

Fluide et addictif

Le roman commence de suite. Dès le premier chapitre on découvre cette coupure de presse, qui ne dit vraiment pas grand chose. Âmes sensibles, pas vraiment besoin de s’abstenir. Mais pourtant on se sent d’emblée aspirés par les mots qui s’alignent. On veut savoir pourquoi elles réagissent toutes comme ça, et quel est leur secret. Ça donne nous donne aussi une impression de malaise quand on est dans leur intimité, et qu’elles nous dévoilent ainsi, à nous lecteurs privilégiés, ce qu’elles cachent si bien à tout le monde. Et là, on va commencer à percer le secret de chacune.

Pas de lien avec le précédent roman, il peuvent être lus indépendamment l’un de l’autre sans problème. Mais on retrouve quand même le style et la plume de l’auteure. Elle sait nous manipuler, nous donner des informations comme on distillerait une boisson : au compte-goutte. Et c’est ce qui fait qu’on est remplis de curiosité et qu’on veut absolument savoir le dernier mot.

Je n’ai pas vu venir la fin, étant tellement embarquée par l’histoire. Je filai droit, me fiant aux découvertes de la journaliste. Et puis, quand on comprend tout, c’est génial, un vrai régal.
La première moitié du roman est assez lente, elle met en place les personnages et leurs éventuelles relations. Elle laisse planer un doute sur les secrets qui habitent chacune et attire le lecteur dans sa toile. Une fois que les révélations s’enchaînent, on ne le lâche plus !

En bref

Une coupure de presse sur un le cadavre d’un bébé retrouvé. Trois femmes qui y réagissent de façon différente, laissant le lecteur s’imaginer le pire. Et puis, on découvre qu’elles ont des secrets, des non-dits depuis de nombreuses années. Les découvertes, aussi minimes soient-elles s’enchaînent et amènent à d’autres secrets, bien enfouis.

J’avais adoré « La veuve », j’ai tout autant aimé « La coupure ». J’aime la façon qu’a l’auteur de partir d’un fait divers, et d’en construire une trame incroyable tout autour. Elle met les femmes en avant, dévoilant alors leurs faiblesses et leurs forces, nous laissant les aimer ou les détester, la ligne entre les deux étant presque invisible.

Une très bonne lecture donc, une auteure à découvrir c’est sur ! J’adore !

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