Éditions Denoël – Parution le 11 Avril 2019 – 400 pages

Synopsis :

cataractesIl y a quarante ans, le petit Jan Kosta, trois ans, a été l’un des rares survivants de la terrible catastrophe de Zavoï. Lors d’un gigantesque glissement de terrain, ce village des Balkans a été littéralement englouti sous des torrents de boue. Sauvé par son chien qui l’a traîné, inconscient, hors de l’eau fangeuse, Jan a perdu toute sa famille. Devenu hydrogéologue, Jan reçoit un coup de fil alarmé d’un ami ingénieur. Il se passe des choses étranges dans et autour de la centrale construite sur les flancs de la montagne de son enfance. Les gens ont des comportements imprévisibles, parfois violents. Les moines du monastère voisin ont tous disparu, et les bâtiments délaissés accueillent désormais un institut psychiatrique. Vladimir demande à Jan de venir étudier les faits. Que le mal vienne de la centrale, de la montagne ou des hommes, si un nouveau drame est sur le point de se produire, seul un survivant de Zavoï aura une chance de pouvoir tout arrêter.

 

Mon avis :

Plongés au cœur de cette vallée engloutie, les lecteurs que nous sommes sont embarqués avec la majestueuse plume de Sonja Delzongle, entre précipices et montagnes, jusqu’à une fin ahurissante !

La psychologie des personnages

Je pense sincèrement que tout le roman s’est axé là-dessus. Autant sur les personnages que sur les lieux d’ailleurs. En commençant par là, je pourrais ainsi dire qu’on a l’impression qu’une sorte d’aura entoure la vallée. Peut-être est-ce du aux multiples âmes perdues lorsque le gigantesque torrent de boue s’est abattu sur la vallée ? Peut-être que cette cité engloutie respire encore, laissant percevoir une sorte de vie autour d’elle. Une vallée qui a souffert, tout comme la montagne qui la surplombe, et toutes deux vont montrer à quel point la nature peut être sauvage et dangereuse.

Et puis l’auteure a aussi choisi de créer une psychologie complexe autour de ses personnages. Jan est le seul rescapé de la terrible tragédie qui a coûté la vie à tout le reste du village. Il a survécu à la monstrueuse coulée de boue, et malgré les années, malgré le temps qui passe, il ressent encore la boue rentrer par son nez, sa bouche, après plusieurs décennies. Bien qu’il ait réussi à avancer et à se reconstruire après tout ça, on sent bien que ça a changé sa vie.

Et puis on va aussi évoquer l’enfermement des ouvriers coincés dans la centrale, en parlant de leurs hallucinations mais aussi en vivant avec eux des événements qui ont de quoi perturber les esprits les plus vaillants.

L’ambiance

Avec ce roman, Sonja Delzongle nous fait voyager dans des lieux sauvages, tout comme elle l’avait fait avec « Boréal ». Elle évoque des lieux dont on parle très peu, qu’on ne connait pas du tout, et pourtant elle réussit à nous faire voyager sans encombres à travers ce paysage majestueux, mêlant précipices et paysages montagneux.

On va suivre Jan lors de son périple, on va découvrir les lieux, l’isolement ressenti, le danger à chaque pas, les risques qu’il prend pour réussir la mission qu’il s’est fixée.

On va aussi découvrir un ancien monastère, niché au cœur des récifs, cachant des secrets. Comment se fait-il que les trente moines aient tous disparu pour laisser place à un asile psychiatrique ? Quel rapport y a-t-il entre ça et le comportement des gardes présents au barrage hydraulique ?

En bref

« Cataractes » est un roman fort, qui vous embarquera d’un glissement de terrain dans une vallée, dévastant un village entier sur son passage, ne laissant qu’un seul survivant, jusqu’à cette même vallée, plusieurs décennies plus tard, où le survivant n’a d’autre choix que de revenir sur place pour tenter d’éviter une deuxième catastrophe.

Ce voyage initiatique en Serbie va vous emmener bien loin des sentiers pédestres, au cœur d’une nature sauvage, mêlant précipices et ravins aux pics escarpés des monts environnants. Jan va devoir revenir sur le drame qui s’est joué là, dans son enfance, prendre sur lui, et tenter de tout faire pour aider son ami et la vallée.

L’ambiance m’a hypnotisée, l’histoire m’a captivée, et la fin m’a complètement chamboulée. Une superbe lecture !! Quel bouquin, mes amis, quel bouquin !!!

 

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