Éditions La Martinière – Parution le 9 Mars 2017 – 336 pages

Synopsis :

morkÀ Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale…
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

 

Mon avis :

Quand polar rime avec scandinave, c’est Ragnar Jonasson qui mène la danse ! Moi qui avais trouvé « Snjor » un peu lent et qui avais eu, il y a deux ans maintenant, du mal à accrocher, j’ai vraiment beaucoup plus apprécié ce second opus avec Ari Thor !

Une suite oui, mais pas que !

Il y a deux ans environ, je découvrais le polar scandinave en m’attaquant au premier opus d’une jeune étoile montante de la littérature islandaise. J’avais donc choisi de commencer avec « Snjor » de Ragnar Jonasson, premier roman de sa saga avec Ari Thor. Et mon avis n’avais pas été fameux. Je pense qu’à l’époque je cherchais plus que ça dans un roman. D’ailleurs ma chronique n’avait pas été très folichonne ! ( Ma chronique de « Snjor » est visible ICI ).

Mais depuis, j’ai appris à aimer l’ambiance de ces pays, le style calme et pesant des romans, et puis j’ai découvert des paysages fabuleux, j’ai voyagé avec des personnages attachants, notamment avec « Qaanaaq » de Mo Malø mais aussi avec « La dame de Reykjavik » de Ragnar Jonasson lui-même. Je me suis alors demandé pourquoi je n’avais pas aimé « Snjor » finalement ? Peut-être qu’à l’époque je n’étais pas prête ? Pas assez sûre de moi ? Pas assez ouverte peut-être ? N’empêche qu’avec l’histoire de « La dame de Reykjavik », j’ai vraiment pris goût à l’écriture de Ragnar Jonasson et j’ai eu envie de voir ce que ça donnait si je me penchais sur « Mörk », qui est la suite directe de « Snjor ».

Et je pense que l’auteur a su me donner plus, et que de mon côté j’étais plus réceptive. Toujours est-il que ça a été une très belle expérience de lecture, qui a rattrapé mon avis mitigé du premier roman, et qui m’a vraiment donné envie de découvrir les suivants.

Avec « Mörk », nous évoluons donc dans la suite de « Snjor ». Dans le premier opus, nous découvrons Ari Thor, qui est un policier Islandais qui vient d’arriver à Siglufjördur, petit village reclus entre une mer glaciale et une montagne enneigée où il ne se passe jamais rien. Avec « Mörk » nous suivons toujours Ari Thor, l’emménagement avec sa femme dans ce petit village bien plus agréable qu’il ne le pensait, et puis sa découverte du corps inanimé de son supérieur Herjolfur devant une maison abandonnée depuis près d’un demi siècle. Petit village où il ne se passe jamais rien, mais qui vient d’être le lieu d’un tir à bout portant sur le chef de la police locale. Grippé, Ari Thor va tout de même devoir mener l’enquête, qui l’emmènera dans un tourbillon politique et relationnel bien plus loin qu’il ne l’aurait cru possible.

Le polar scandinave

Je ne m’y connais pas réellement en polar scandinave, loin de là même. Mais je commence vraiment à apprécier ce genre de littérature qui a le don de me faire passer un excellent moment de détente. C’est un polar certes, captivant et plutôt rythmé dans le cas de « Mörk », mais on a l’impression de suivre l’enquête confortablement lovés sur un nuage, intouchables et installés sur un océan de douceur. Les intrigues reposent sur des faits calmes. Exit les courses poursuites, tout se démêle dans la douceur, en posant les bonnes questions, en utilisant les bonnes méninges.

L’ambiance est froide, glaciale même. On sent que les personnages gardent toujours quelque distance avec les autres, qu’ils ont du mal à se mêler. Chacun vit un peu sa vie, dans son coin. La sensation de froid due au paysage, à la neige, et aux températures arctiques sont aussi ressenties lors des échanges. Mais je pense que ça permet de rester dans une ambiance sombre, douteuse et garder également un peu de recul vis-à-vis des événements.

J’ai aimé la subtilité avec laquelle il regroupe ses affaires autour d’une thématique commune. Je pense que de le faire avec toute cette sensibilité est beaucoup mieux, car elle permet réellement un attachement et une compréhension du lecteur avec du recul, et un point de vue plus étendu par rapport à des cas isolés. Le dénouement nous fait comprendre à quel point la thématique est importante, et surtout la façon dont elle est traitée et amenée. Un grand bravo, je n’avais pas anticipé ce changement de cap, et c’est vraiment réussi !

En bref :

Ragnar Jonasson m’a fait passer par les extrêmes. Mitigée avec « Snjor », gros coup de cœur pour « La dame de Reykjavik », je ne savais plus trop à quoi m’attendre avec cet auteur en lisant « Mörk ». Je pense qu’il a du prendre confiance en sa plume et que de mon côté j’étais plus réceptive à l’ambiance et au style. Pour faire court : « Mörk » a été une excellente lecture !!

C’est rythmé et stressant. L’ambiance est froide voire même glaciale. Les personnages sont attachants ou détestables. J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, elle m’a réconciliée avec Ari Thor, un enquêteur qui a bien plus de qualités que je ne le pensais. J’ai pris un très grand plaisir à me plonger de nouveau dans les crevasses gelées de Siglufjördur, et j’ai vraiment apprécié le voyage. Une lecture tranquille et reposante. Une très belle réussite !!

Publicités