Éditions Marabout – Parution le 27 Mars 2019 – 320 pages

Synopsis :

dans la brume ecarlateUne femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang.

 

Mon avis :

Un roman qui sous le couvert d’une enquête policière, a le mérite de mettre en avant les femmes. Les femmes qui sont bien souvent les victimes de bourreaux masculins, que ce soit lors de crimes atroces ou dans la vie de tous les jours. Et quand c’est un homme qui nous en parle, la victimisation n’est plus de mise, mais la prise de conscience est là.

À la suite du résumé, j’ai pu trouver ce paragraphe :
 » Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer. »

Je vais être honnête. En lisant le roman, je ne m’étais pas rendue compte que de la volonté de Nicolas Lebel d’aborder ce sujet était si forte. J’y ai vu une enquête classique, d’une équipe de flics originale et sympathique, une enquête intéressante et même addictive, et pourtant j’étais passée à côté de la thématique. Le fait d’écouter l’auteur en parler avec tant de conviction lors d’une table ronde m’a ouvert les yeux. Et en effet, le sujet revient régulièrement , ce n’est pas juste une enquête. Et je trouve que ça donne du coup une dimension complètement différente à son livre, la version 3D d’un film en quelque sorte. Ça ancre le roman dans la réalité, et ça nous le laisse en tête encore plus longtemps. J’ai eu beaucoup de mal à quitter cette équipe et notamment Merlicht, qui sous ses airs bourrus est quelqu’un de très poignant.

D’une façon générale, j’ai trouvé ce roman très bien construit , l’intrigue est très intéressante, l’enquête très bien menée, les personnages attachants et la mise en avant de certains rajoute un truc en plus à l’histoire. J’ai aimé l’humour aussi (noir bien entendu !), et le sarcasme qu’il utilise. Bien que l’enquête sur ce thème un peu gothique soit très sombre, il réussit à faire sourire le lecteur régulièrement, faisant monter la pression, puis nous permettant de la relâcher d’un coup. Cet effet yoyo au niveau des sentiments est très agréable. C’était dosé et travaillé, j’ai beaucoup aimé.

C’était mon premier roman de Nicolas Lebel, j’ai appris à apprécier Merlicht et son équipe à travers son cinquième livre, je n’ai qu’une envie, revenir sur mes pas, ouvrir le premier, pour les retrouver et découvrir leur histoire.

À Nicolas Lebel, qui peut vous faire croire n’importe quoi grâce à des épitaphes ! Merci beaucoup pour cet excellent moment de lecture ! Un roman coup de cœur !

 

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