Éditions French Pulp – Paru le 21 Juin 2018 – 353 pages

Synopsis:

sous terre personne ne vous entend crier

Sale journée pour le commissaire Jonzac. L’interpellation du Serbe a mal tourné. Un de ses hommes est à l’hôpital entre la vie et la mort. Tension au 36…

On l’appelle pour un meurtre dans les catacombes. La jeune fille à ses pieds est salement mutilée, à moitié dévorée.

Sa nièce. Pour lui, la descente aux enfers commence…

 

 

Mon avis :

Un polar très très bien ficelé. C’est simple mais bon sang que c’est bon !!! Efficace, direct et noir, j’ai clairement adoré ma lecture ! J’étais dans une phase ou je ne savais pas quoi lire, peur de me lancer, pas vraiment envie de tenter quoi que ce soit, et finalement il m’a réconcilié avec l’envie de découvrir !

L’histoire

Lionel Jonzac est un vieux de la vieille. Le flic qui a passé sa vie au 36, Quai des Orfèvres, après un début de carrière militaire. Ses méthodes ne sont plus au goût du jour et sa manie de faire cavalier seul l’éloigne un peu plus chaque jour des nouvelles recrues. Mais après une arrestation musclée où un de ses collègues et meilleur ami tombe dans le coma suite à une fusillade, Lionel pense raccrocher.

Pourtant, lorsqu’un cadavre est retrouvé dans les catacombes de Paris, et que c’est lui qui doit se rendre sur les lieux, il sait déjà que ça sera sa dernière enquête. C’est sa nièce qui est la victime de ce massacre et il fera tout pour arrêter celui qui a fait ça, quitte à le tuer de ses propres mains …

Un polar sous terre

Les catacombes. Le métro. Les stations abandonnées. Les souterrains parisiens. C’est ça, le circuit de jeu de la bête qui attend sa prochaine victime, tapie dans l’ombre. De quoi faire froid dans le dos, surtout quand on comprend que cette chose est sans pitié. Qu’est-ce qui l’arrêtera ? Qui de lui ou de Lionel Jonzac gagnera le combat ? Je savais, en débutant ce livre que les personnages de Lionel et du tueur allaient forcément être au centre de toute l’histoire. Car oui, c’est quand même la nièce du commissaire qui se fait tuer. Quel flic laisserait passer ça sans prendre le problème personnellement ?

Hormis l’enquête qui se passe en surface, vous ne verrez pas de Paris sa belle Tour Eiffel, ou son arc de triomphe. Non, pas du tout ! Vous découvrirez plutôt un dédale de pierres noires d’humidité, de salles immense d’un noir plus profond que la nuit, des cavités cachées et des chatières creusées pour laisser passer tout type de bêtes. Vous verrez aussi comment des stations de métro désaffectées peuvent devenir le repère du Diable, le laissant dominer dans son monde souterrain. L’ambiance sombre, étouffante, difficile à supporter pour les claustrophobes est très bien mise en avant, et nous permet de reprendre notre souffle quand on suit l’enquête en surface. Avant de nous faire replonger dans les abîmes du mal, au cœur de ce qu’il y a de plus noir et de plus sombre.

Un style irréprochable

Mais en fait, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien ficelé et pensé. La mise en avant de ce qui relie les deux personnages principaux est amenée tout en subtilité, l’auteur nous laissant savourer l’avancée de l’enquête, libérant les indices au compte-goutte, gardant le suspense jusqu’au dernier moment, en profitant pour régler d’autres problèmes collatéraux en passant.

Du haut de ses 350 pages, ce roman recèle d’une quantité incroyable d’informations. L’auteur ne s’est pas embêté avec les choses inutiles, il nous les a gentiment évitées et ne nous donne que l’essentiel, ce qui compte vraiment et nous permet de comprendre sans aucun problème tous les tenants et les aboutissants de cette rencontre entre le Bien et le Mal, entre la lumière et les ténèbres. Le rythme est rapide, on ne s’ennuie pas, on tourne les pages à une vitesse folle, cherchant à tout prix à savoir comment cela va se finir.

Je tenais à faire remarquer aussi la finesse de la psychologie des personnages. L’auteur joue avec le lecteur comme un chat avec une souris. Il nous laisse du mou, nous laisse l’impression qu’on domine l’histoire, et puis finalement, il nous laisse pantois, avec des révélations finales imprévues, et des explications logiques qui clôturent parfaitement l’histoire.

En bref

Entre catacombes et bouches de métro désaffectées, le Mal rôde sous Paris. Et c’est le commissaire Lionel Jonzac qui fera tout pour l’arrêter. Un polar qui m’a surprise, emballée, épatée. J’irai presque jusqu’à dire époustouflée. En tout cas, il m’a laisséee sans voix et j’ai refermé le livre en ressentant un plaisir immense. J’ai adoré l’ambiance sombre, glauque, terrifiante. Ce tueur sans peur et sans remord, prêt à tout pour mettre son plan à exécution. Ce flic bourru, préférant faire cavalier seul plutôt que d’être exclu de l’enquête sur le meurtre de sa nièce. Et puis ces révélations surprenantes, ce rythme effréné, ce monde souterrain rarement exploité dans les romans.

Une lecture comme j’en ai peu, qui m’a vraiment transcendée, m’embarquant au portes du possible et de ce qu’il y a de pire. Meurtres en série, mais pas de démonstration gratuite de scènes gores. Tout est bien dosé, et surtout bien amené. Un excellent roman pour un auteur déjà confirmé mais que je découvre ici. J’adore !

 

 

 

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